Les ministres lituaniens se sont rendus nombreux au Paris Defence and Security du 13 et 14 mars

Lors du Paris Defence and Strategy Forum du 13 et 14 mars — premier du genre—, le Président de la République de Lituanie, M. Gitanas Nauseda, a fait le déplacement avec plusieurs ministres. DD en rencontré deux.

§ Madame Greta Monika Tučkutė
Vice-Ministre de la Défense nationale
Madame Greta Monika Tučkutė
Vice-Ministre de la Défense nationale de Lituanie
DD: Quelles actions mène votre pays depuis février 2022 pour faire face à la guerre en Ukraine ?
Greta Monika Tučkutė: Nous avons élevé notre investissement à hauteur de 2,77% du PIB, ce qui représente un effort financier considérable pour notre pays qui comporte 2,7 millions d’habitants seulement.Dans quels armements avez-vous spécifiquement investis ces deux dernières années ?
GMT: Un des investissements importants pour notre pays a été la commande de dix-huit canons César à la France. En principe, la commande devrait être livrée pour 2027. Par ailleurs, nous avons aussi investi dans des drones, achetés à Thalès, des hélicoptères et des véhicules de combat.

Prévoyez-vous la mise en place des mesures de conscription ?
GMT: Pour l’instant, notre armée de réserve est constituée avant tout de volontaires, mais nous accroissons le  nombre de personnes appelées par le biais d’une loterie nationale.
Nous souhaitons dans tous les cas accroître le nombre de soldats au sein de notre armée pour pouvoir faire face à une éventuelle attaque de l’armée russe dans le futur.

Fournissez-vous de l’aide militaire à l’Ukraine ?
GMT: Oui, nous fournissons de l’aide humanitaire, ainsi que de l’armement. Nous avons donné un total de 550 millions d’euros d’armes (munitions, canons, etc.) à l’armée ukrainienne depuis février 2022.

propos recueillis par Maximilien Nagy

 

§ Mrs. Erika Kuročkina

Erika Kuročkina, ministre de l’Industrie et de l’Innovation au Paris Defence and Security Forum
Minister of Industry and Innovation, shared some of her thoughts with us. As an elected official, she could comment on internal politics, and particularly on the Russian minority — to surprising effet.
DD: How are you working for allies for the production of armament? 

Erika Kuročkina: « The shift to tech is imperative. Our military is starting to work with tech companies, they are often civilian based but they are rethinking for dual use. The nature of war has changed, Ukraine  shows this.

Lithuania has a niche of laser for optical, artificial intelligence solutions,
observation, anti drone tracking. Drones are total battlefield innovation. We invest in our local industry, we create without Chinese input, only Lithuanians and other Europeans. We are good at demining, with a system to detonate from a distance.
There is the NATO procurement agency, and even the EU arms strategy. Before the war, countries went it alone. We must strengthen coordination, and rely on each countries strength.
The French market is important, we seek strategic partnerships. I am thinking namely of Unmanned Defense systems.
DD: You are en elected official, what can you tell us of the Russian minority? 
EK: There is a difference with Latvia: in Lithuania Russians naturalized early on, far less naturalization in Latvia. There are also Belarusan exiles. It is strange, they are all very patriotic. I myself am half Russian, for example.
There is a big risk, in Seimas (parliament) there is talk of traitors and spies, secret service is watchful, and interestingly there are non-Russian pro-Putin people and they initiate provocations. The problem is not precisely ethnic Russians.
Pro-Putin people talk about diplomacy and a so-called peaceful way. They tolerate the war. In Lithuania Russian TV channels are blocked, no transport, we have Lithuanian online Russian language news.
DD: Finland and Sweden to NATO?
EK: Finland is a big contribution, they are very determined. Now the Baltic Sea is a NATO Sea. It gives us security.

propos recueillis par Maximilien Nagy et Harold Hyman

La France versera 30 millions d’eurs à l’UNRWA en 2024

Le ministère des Affaires étrangères a annoncé que la France avait l’intention de verser 30 millions d’euros à l’UNRWA pour l’année 2024 (United Nations Relief and Works Agency for Refugees in Palestine and the Near East).

Ce nouveau paquet d’aides est largement inférieur aux 60 millions d’euros versés par la France à l’agence onusienne en 2023, qui étaient dus à des « circonstances exceptionnelles » selon les mots du porte-parole adjoint du ministère.

Pour l’instant, la répartition des sommes sur les différents trimestres de l’année ne sont pas connus.

MGCS : les détails de l’accord trouvé entre la France et l’Allemagne

Le ministre des Armées français, Sébastien Lecornu et son homologue allemand, Boris Pistorius, sont parvenus à un accord sur le projet de char 2.0, le MGCS (Main Ground Combat System). En voici les principaux détails.

L’Allemagne et la France sont désormais tombées d’accord pour la construction du MGCS, après plusieurs années de dures négociations. On peut affirmer ici de source sûre que le projet se répartira équitablement entre la France et l’Allemagne : chacun construira une moitié du projet, développement et production confondus. D’ici le 28 avril, un document avec une notification des contrats devrait être signé.

Il y au total huit piliers, dont la conception et la construction de chacun seront confiés à des constructeurs allemands ou français. En voici les principaux : la construction de la plateforme du char, du système de fourrage du canon, des systèmes de communication, de la simulation, des capteurs et de la protection des plateformes et les infrastructures. Le MGCS fera en principe un usage abondant d’intelligence artificielle et sera doté d’un système anti-drone.

L’Etat français a prévu d’allouer un total de 500 millions d’euros à ce projet entre 2024 et 2030. Son coût précis n’est pas encore défini pour autant.

Pour l’heure, seuls la France et l’Allemagne sont membres de ce projet. L’Italie n’a que le statut de membre observateur pour l’instant.

Un deuxième projet de char est actuellement en cours au Royaume-Uni depuis 2021 : le Challenger 3, construit par le consortium Rheinmetall-BAE Systems Land. La livraison de ce char à l’armée britannique devrait se faire en principe d’ici à 2027. En 2021, son coût total était estimé aux alentours de 932 millions d’euros.